
Mon blog et ma passion des mots
Et si nous commencions par une petite immersion...
Le métier de correcteur
Du rêve à la réalité...
Quand j'étais petite et qu'on me demandait « qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? », je ne répondais pas « maîtresse » ni « coiffeuse », mais « actrice ». J'ai toujours aimé les histoires, dans la vraie vie, dans les livres, dans les films, dans les séries (vive Netflix). Bien qu'aujourd'hui je ne foule pas les planches ni les plateaux de tournage, mon rêve s'est d'une certaine façon réalisé, car je me glisse tous les jours dans la peau de nouveaux personnages, que ce soit en corrigeant des manuscrits ou dans l'écriture de mes romans. Finalement, la petite fille aux couettes hautes a été inspirée, puisque sa version adulte joue son meilleur rôle !
Le 27 février 2026
Une excellente définition du métier de correcteur...
« Un correcteur n’est jamais en repos. Sans cesse il réfléchit, doute, et surtout redoute de laisser passer la faute, l’erreur, le barbarisme », dit Jean-Paul Dubois, qui a reçu le prix Goncourt en 2019 pour son roman Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon.
Voilà un écrivain qui connaît parfaitement le métier de correcteur ! Car, si celui-ci est plein de certitudes, il ne doutera plus et son travail en pâtira tôt ou tard. À l'ère de la glorification de la compétence, on sacrifie le doute sur l'autel des certitudes en oubliant une qualité essentielle : l'humilité. Le professionnalisme du correcteur consiste justement à se poser des questions pour pouvoir trouver les réponses. Lorsqu'une phrase a un sens obscur (ça peut arriver à tout le monde) ou qu'elle est soumise à interprétation, il doit demander des éclaircissements à l'auteur.
Je vois parfois sur les réseaux sociaux des correcteurs se targuer d'être de « fervents défenseurs de la langue française ». La notion d'humilité leur serait-elle étrangère ? Peut-être devraient-ils ouvrir un dictionnaire (oups, blague de correcteur). De la maladresse, sûrement, mais le métier de correcteur exige de s'intéresser au sens des mots avant de vouloir les défendre.
Le 14 février 2026
Décloisonner son esprit, élever son âme et léviter...
J'ai la chance de pouvoir lire toute la journée depuis cinq ans. Bien sûr, je ne fais pas de la lecture passive, les doigts de pied en éventail, tout en sirotant des cocktails. Quel bonheur pourtant d'avoir des occasions, sans cesse renouvelées, d'explorer des univers familiers ou inconnus. J'ai dernièrement corrigé un merveilleux manuscrit dont l'histoire se déroulait en Islande, entre glaciers et aurores boréales. J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman sur fond de romance, de science et de mysticisme. Chaque livre me porte vers de nouveaux horizons. C'est toute la beauté de mon métier.
Le 11 février 2026
Ma passion pour l'écriture...
Quitte à être à côté de la plaque, autant le faire avec panache !
Laissez-moi vous emmener dans mon lycée dans les années 90 et vous raconter une anecdote en cours d'histoire...
Retour de copies et distribution en classe. « Ah, Virginie… », commence le prof avec un air mi-amusé, mi-dépité, « ce qu'il y a de bien avec vous, c'est que vous réécrivez l'histoire ! », ajoute-t-il en me tendant ma dissertation, barrée de rouge et annotée d'un splendide « H.S. ». Je me décompose devant ma composition aux multiples pages allègrement noircies, tandis que résonnent trente-huit éclats de rire, décuplés par la salle mal isolée. Armée de mon rictus, je ricane pour masquer ma gêne – apprendre à rire de soi permet de survivre en milieu hostile – et tente une réponse qui, contre toute attente, semble convaincre l'enseignant. « Ah, oui, c'est sûr ! », s'exclame-t-il, cette fois hilare, « c'était sacrément romancé ! »
Dans mes oreilles, les rires en stéréo. Sur mon devoir, une note proche du chaos. Il y a trente ans, monsieur Liotier aurait-il déjà détecté ma propension à écrire et à réécrire des histoires ?
Le 13 novembre 2025
L'art de la mise en page
Votre manuscrit est corrigé, mais de guingois ?
La mise en page, c'est comme le ménage ! Quand elle est bien faite, on ne la remarque pas mais, dès qu'elle ne répond pas aux exigences éditoriales, le lecteur s'en aperçoit aussitôt et cela peut véritablement lui gâcher le plaisir. Pire, le gêner dans la poursuite de sa lecture. Vous regardez des tutos sur YouTube et perdez patience, car rien ne se passe comme prévu ? Avant de vous arracher tous les cheveux – sans garantie de résultat –, écrivez-moi ! Je vous propose de réaliser la mise en page de votre manuscrit de A à Z, dans les règles de l'art !
Le 10 décembre 2025
Les verbes ternes
Les verbes neutres, c'est grave, docteur ?
D'abord, quels sont-ils ? Être, avoir, faire, dire, mettre, pouvoir, vouloir...
On les emploie à toutes les sauces, jusqu'à l'overdose ! À toutes les sauces, mais sans agrément : pas de condiments, pas d'arômes, pas d'épices. Nous avons tous besoin de saveurs. Le lecteur aussi ! J'agrémente votre texte, sans le dénaturer, pour exacerber ses saveurs en jouant sur les synonymes et les reformulations. Cerise sur le gâteau, je n'impose rien, je propose. Vous restez donc maître de votre manuscrit, puisque vous avez le dernier mot. Comme dans une recette, la précision fait les finitions. Votre texte est amélioré et le lecteur comblé.
Le 6 mars 2026
Les pléonasmes
Les pléonasmes vous donnent des spasmes ?
Ne vous leurrez pas, on convulse tous !
Qu'est-ce que c'est d'ailleurs, un pléonasme ? Une redondance inutile.
Enfin, ce n'est pas non plus illégal d'en utiliser. De préférence, avec parcimonie à l'écrit, quand on souhaite marquer un effet d'insistance. Comme dans les médias qui en sont très friands. Dans les livres, la plupart ne sont pas conscients et c'est là que le bât blesse.
Comme leurs copines, les répétitions, les sournois vous échappent des doigts et s'invitent dans presque tous les manuscrits. Oublions les sempiternels « monter en haut » et « sortir dehors ». Penchons-nous plutôt sur les plus vicieux ou simplement les passe-partout.
En voici quelques-uns : comme par exemple, pouvoir peut-être, prévenir au préalable, prévoir à l'avance, la couleur rouge, plusieurs couleurs différentes, emmener avec soi, mais pourtant, mais malgré tout, suffire simplement, voire même, se réunir ensemble, partager ensemble, discuter ensemble, au jour d'aujourd'hui, etc. La liste mériterait d'être étoffée.
Quels sont les pléonasmes qui vous viennent à l'esprit ?
Le 8 septembre 2025
Quand les anglicismes et les néologismes nous font agir par mimétisme…
La langue française a subi diverses influences et intégré des mots d'origine étrangère dans ses dictionnaires, certes, mais pourquoi emprunte-t-on aujourd'hui autant de mots à l'anglais et les sert-on à toutes les sauces ?
Pour une crème anglaise nappant un fondant au chocolat, je ne dis pas non, mais pour ce qui est de la reproduction machinale (inconsciente probablement) des tournures propres à la langue anglaise, la saveur littéraire s'émiette et le français n'est plus à la fête.
Ces mots, souvent inspirés des mondes marketing et journalistique, qui les utilisent à outrance, sont entrés dans nos foyers par tous les canaux médiatiques et nous les avons allègrement absorbés. Qu'on le veuille ou non, les anglicismes, on les utilise tous les jours. Autant à l'oral, ils passent, autant à l'écrit, correcteurs et éditeurs leur font la chasse.
Pire encore, certains mots existent parfois, et dans la langue de Molière et dans celle de Shakespeare, mais ils n'ont pas du tout le même sens. Je vous présente les néologismes. Par l'exemple, « réaliser » qui a le sens de « faire » en français, mais que l'on retrouve souvent au sens de « comprendre ».
Dans les dialogues, on peut occasionnellement se permettre un peu plus de fantaisie, selon la personne qui parle, l'époque et le contexte, mais ces mots empruntés, et/ou au sens déformé, restent généralement à éviter.
Si vous ne savez pas les identifier, pas de panique, votre correcteur le fera pour vous !
Le 23 janvier 2023
Les accents et les majuscules
L'Éducation nationale nous aurait-elle menti ?
Lorsque j'étais assise sur les bancs de l'école, dans les années 80 – autant dire que ça ne date pas d'hier –, le corps enseignant nous apprenait que les majuscules ne prenaient pas d'accent... Bravo pour l'infox !
J'ignore la raison pour laquelle les enfants de toute une génération – et des précédentes – ont dû enregistrer une telle ineptie. Peut-être était-il compliqué à l'époque, avec les machines à écrire, de mettre un accent, comme les ordinateurs n'existaient pas ou que leur usage ne s'était pas encore répandu. Peut-être se disaient-ils qu'il fallait faire de même lorsque l'on écrivait. Quoi qu'il en soit, l'Académie française est formelle.
Voici ce qu'elle dit : « On ne peut que déplorer que l’usage des accents sur les majuscules soit flottant. On observe dans les textes manuscrits une tendance certaine à l’omission des accents. En typographie, parfois, certains suppriment tous les accents sur les capitales sous prétexte de modernisme, en fait pour réduire les frais de composition. Il convient cependant d’observer qu’en français, l’accent a pleine valeur orthographique. Son absence ralentit la lecture, fait hésiter sur la prononciation, et peut même induire en erreur. Il en va de même pour le tréma et la cédille. On veille donc, en bonne typographie, à utiliser systématiquement les capitales accentuées, y compris la préposition À, comme le font bien sûr tous les dictionnaires, à commencer par le Dictionnaire de l’Académie française, ou les grammaires, comme Le Bon Usage de Grevisse, mais aussi l’Imprimerie nationale, la Bibliothèque de la Pléiade, etc. Quant aux textes manuscrits ou dactylographiés, il est évident que leurs auteurs, dans un souci de clarté et de correction, auraient tout intérêt à suivre également cette règle. »
Avec ça, vous conjurerez le mauvais sort qui nous a été jeté il y a plus de quarante ans !
Le 18 octobre 2025
Le saviez-vous ?
Quels sont les cinq livres les plus vendus au monde ?
On pourrait penser que ce sont les grands succès, tels que Le Seigneur des Anneaux (7e place), Da Vinci Code (13e place), L'Alchimiste (16e place) ou encore Vingt mille lieues sous les mers (18e place), par exemple. Bien qu'ils aient été traduits en dizaines, sinon en plus d'une centaine, de langues, il n'en est rien. Les voici : La Bible (n° 1), Le Coran (n° 2), Le Petit Livre rouge, de Mao Zedong (n° 3), Don Quichotte, de Miguel de Cervantes (n° 4), Harry Potter, de J. K. Rowling (n°5).
Le 8 janvier 2026
De la ténacité pour être publié !
Le roman Du côté de chez Swann, de Marcel Proust, a failli ne jamais voir le jour. Après avoir été refusé par plusieurs éditeurs, il paraît finalement chez Grasset... à compte d'auteur ! Même les plus grands écrivains ont connu des temps difficiles et dû se battre bec et ongles pour que soit publié leur manuscrit. Marcel Proust nous donne ici un bel exemple de persévérance. J'espère que cette petite anecdote permettra aux auteurs d'aujourd'hui de se sentir moins seuls dans leur parcours du combattant et, surtout, de garder espoir...
Le 30 novembre 2025
Un arbre permet de produire 1 tonne de papier. Si 1 livre pèse en moyenne 300 grammes, 1 arbre sera nécessaire pour imprimer 200 livres, 5 arbres pour 1 000 livres, etc. 426 millions de livres ont été vendus à travers le monde en 2024. Combien d'arbres a-t-il fallu abattre ? Même s'il y a probablement une part de numérique, je préfère ne pas faire le calcul...
Le 22 novembre 2025
Quel est le titre du livre sans la lettre « e » ?
Avez-vous lu le livre sans « e », intitulé "La Disparition", de Georges Perec ?
Ce roman en lipogramme – exercice littéraire dans lequel l’auteur se donne pour contrainte de ne jamais utiliser une lettre de l’alphabet –, publié en 1969, ne comporte pas une seule fois cette voyelle, pourtant la plus utilisée dans la langue française, et ce, sur près de trois cents pages !
Un grand bravo pour la performance, mais une belle déception pour la saveur. J'ai essayé de le lire il y a plusieurs années. Malheureusement, j'ai rapidement eu le sentiment d'étouffer devant ces lettres, privées d'oxygène, qui semblaient crier à l'aide, comme si elles avaient compris que l'une d'entre elles manquait à l'appel ! Je l'ai abandonné avant le quart, bien malgré moi pourtant, car la prouesse reste spectaculaire et ne peut être que saluée.
De la même façon, en pâtisserie, lorsque l'on omet un ingrédient essentiel, le gâteau est rarement réussi, en dépit du temps passé derrière les fourneaux et de sa bonne volonté. À mes yeux, le « e » demeure donc bel et bien une lettre indispensable pour que respire et s'épanouisse la langue française.
Le 31 août 2025
Quel lecteur êtes-vous ?
Le Centre national du livre publie tous les deux ans une étude barométrique, « Les Français et la lecture », pour suivre l'évolution des pratiques et des perceptions des Français. Parmi ces données foisonnantes, on découvre les catégories de lecteurs (petits, moyens, grands).
Je corrige environ cinquante manuscrits par an. En parallèle, je lis un à deux livres par mois en lectures choisies, soit soixante-dix livres lus sur une année entière. Bon, on sait que la quantité ne fait pas la qualité, mais combien en lisez-vous annuellement, puisque c'est le sujet ?
Le 15 août 2025
La machine à écrire n'a pas dit son dernier mot...
Après diverses inventions au cours du XVIIIe siècle, c'est l'Anglais Henri Mill qui dépose le premier brevet en 1714. La machine à écrire électrique résulte, quant à elle, de l'éclair de génie du dieu de l'électricité, j'ai nommé : Thomas Edison. En 1872. Mais il se récuse un peu plus tard. En 1874, la société Remington, jusque-là fabricant d'armes, comprend combien les mots constituent une arme redoutable et se lance dans la commercialisation à grande échelle de la machine du Danois Rasmus Malling-Hansen, mais une autre version indique que c'est celle de l'éditeur américain, Christopher Latham Sholes.
La belle traverse les décennies, sous différentes formes, se répand dans le monde du travail, entre dans les foyers. Puis, arrive un dangereux concurrent : l'ordinateur. Au bout du rouleau, la dernière fabrique de machines à écrire ferme ses portes en Inde en 2011.
Au fil des générations, elle fut parfois remisée au fond d'un grenier, puis découverte par hasard lors d'une exploration...
Je me rappelle ce doux bonheur, le cliquetis métallique, la force de la frappe qui gravait le papier et le joyeux tintement du retour de chariot qui m'a tant amusée ! Ce charme d'antan plaît sûrement tout autant aux collectionneurs de machines à écrire : les mécascriptophiles.
Le 28 septembre 2022