
Mon blog
Et si nous commencions par une petite immersion...
Le métier de correcteur
Du rêve à la réalité...
Quand j'étais petite et qu'on me demandait « qu'est-ce que tu veux faire plus tard ? », je ne répondais pas « maîtresse » ni « coiffeuse », mais « actrice ». J'ai toujours aimé les histoires, dans la vraie vie, dans les livres, dans les films, dans les séries (vive Netflix). Bien qu'aujourd'hui je ne foule pas les planches ni les plateaux de tournage, mon rêve s'est d'une certaine façon réalisé, car je me glisse tous les jours dans la peau de nouveaux personnages, que ce soit en corrigeant des manuscrits ou dans l'écriture de mes romans. Finalement, la petite fille aux couettes hautes a été inspirée, puisque sa version adulte joue son meilleur rôle !
Le 27 février 2026
Une excellente définition du métier de correcteur...
« Un correcteur n’est jamais en repos. Sans cesse il réfléchit, doute, et surtout redoute de laisser passer la faute, l’erreur, le barbarisme », dit Jean-Paul Dubois, qui a reçu le prix Goncourt en 2019 pour son roman Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon.
Voilà un écrivain qui connaît parfaitement le métier de correcteur ! Car, si celui-ci est plein de certitudes, il ne doutera plus et son travail en pâtira tôt ou tard. À l'ère de la glorification de la compétence, on sacrifie le doute sur l'autel des certitudes en oubliant une qualité essentielle : l'humilité. Le professionnalisme du correcteur consiste justement à se poser des questions pour pouvoir trouver les réponses. Lorsqu'une phrase a un sens obscur (ça peut arriver à tout le monde) ou qu'elle est soumise à interprétation, il doit demander des éclaircissements à l'auteur.
Je vois parfois sur les réseaux sociaux des correcteurs se targuer d'être de « fervents défenseurs de la langue française ». La notion d'humilité leur serait-elle étrangère ? Peut-être devraient-ils ouvrir un dictionnaire (oups, blague de correcteur). De la maladresse, sûrement, mais le métier de correcteur exige de s'intéresser au sens des mots avant de vouloir les défendre.
Le 14 février 2026
Décloisonner son esprit, élever son âme et léviter...
J'ai la chance de pouvoir lire toute la journée depuis cinq ans. Bien sûr, je ne fais pas de la lecture passive, les doigts de pied en éventail, tout en sirotant des cocktails. Quel bonheur pourtant d'avoir des occasions, sans cesse renouvelées, d'explorer des univers familiers ou inconnus. J'ai dernièrement corrigé un merveilleux manuscrit dont l'histoire se déroulait en Islande, entre glaciers et aurores boréales. J'ai eu un vrai coup de cœur pour ce roman sur fond de romance, de science et de mysticisme. Chaque livre me porte vers de nouveaux horizons. C'est toute la beauté de mon métier.
Le 11 février 2026
Ma passion pour l'écriture...
Quitte à être à côté de la plaque, autant le faire avec panache !
Laissez-moi vous emmener dans mon lycée dans les années 90 et vous raconter une anecdote en cours d'histoire...
Retour de copies et distribution en classe. « Ah, Virginie… », commence le prof avec un air mi-amusé, mi-dépité, « ce qu'il y a de bien avec vous, c'est que vous réécrivez l'histoire ! », ajoute-t-il en me tendant ma dissertation, barrée de rouge et annotée d'un splendide « H.S. ». Je me décompose devant ma composition aux multiples pages allègrement noircies, tandis que résonnent trente-huit éclats de rire, décuplés par la salle mal isolée. Armée de mon rictus, je ricane pour masquer ma gêne – apprendre à rire de soi permet de survivre en milieu hostile – et tente une réponse qui, contre toute attente, semble convaincre l'enseignant. « Ah, oui, c'est sûr ! », s'exclame-t-il, cette fois hilare, « c'était sacrément romancé ! »
Dans mes oreilles, les rires en stéréo. Sur mon devoir, une note proche du chaos. Il y a trente ans, monsieur Liotier aurait-il déjà détecté ma propension à écrire et à réécrire des histoires ?
Le 13 novembre 2025
L'art de la mise en page
Votre manuscrit est corrigé, mais de guingois ?
La mise en page, c'est comme le ménage ! Quand elle est bien faite, on ne la remarque pas mais, dès qu'elle ne répond pas aux exigences éditoriales, le lecteur s'en aperçoit aussitôt et cela peut véritablement lui gâcher le plaisir. Pire, le gêner dans la poursuite de sa lecture. Vous regardez des tutos sur YouTube et perdez patience, car rien ne se passe comme prévu ? Avant de vous arracher tous les cheveux – sans garantie de résultat –, écrivez-moi ! Je vous propose de réaliser la mise en page de votre manuscrit de A à Z, dans les règles de l'art !
Le 10 décembre 2025
Les verbes ternes
Les verbes neutres, c'est grave, docteur ?
D'abord, quels sont-ils ? Être, avoir, faire, dire, mettre, pouvoir, vouloir...
On les emploie à toutes les sauces, jusqu'à l'overdose ! À toutes les sauces, mais sans agrément : pas de condiments, pas d'arômes, pas d'épices. Nous avons tous besoin de saveurs. Le lecteur aussi ! J'agrémente votre texte, sans le dénaturer, pour exacerber ses saveurs en jouant sur les synonymes et les reformulations. Cerise sur le gâteau, je n'impose rien, je propose. Vous restez donc maître de votre manuscrit, puisque vous avez le dernier mot. Comme dans une recette, la précision fait les finitions. Votre texte est amélioré et le lecteur comblé.
Le 6 mars 2026
Les pléonasmes
Les pléonasmes vous donnent des spasmes ?
Ne vous leurrez pas, on convulse tous !
Qu'est-ce que c'est d'ailleurs, un pléonasme ? Une redondance inutile.
Enfin, ce n'est pas non plus illégal d'en utiliser. De préférence, avec parcimonie à l'écrit, quand on souhaite marquer un effet d'insistance. Comme dans les médias qui en sont très friands. Dans les livres, la plupart ne sont pas conscients et c'est là que le bât blesse.
Comme leurs copines, les répétitions, les sournois vous échappent des doigts et s'invitent dans presque tous les manuscrits. Oublions les sempiternels « monter en haut » et « sortir dehors ». Penchons-nous plutôt sur les plus vicieux ou simplement les passe-partout.
En voici quelques-uns : comme par exemple, pouvoir peut-être, prévenir au préalable, prévoir à l'avance, la couleur rouge, plusieurs couleurs différentes, emmener avec soi, mais pourtant, mais malgré tout, suffire simplement, voire même, se réunir ensemble, partager ensemble, discuter ensemble, au jour d'aujourd'hui, etc. La liste mériterait d'être étoffée.
Quels sont les pléonasmes qui vous viennent à l'esprit ?
Le 8 septembre 2025
Les anglicismes
Quand les anglicismes et les néologismes nous font agir par mimétisme…
La langue française a subi diverses influences et intégré des mots d'origine étrangère dans ses dictionnaires, certes, mais pourquoi emprunte-t-on aujourd'hui autant de mots à l'anglais et les sert-on à toutes les sauces ?
Pour une crème anglaise nappant un fondant au chocolat, je ne dis pas non, mais pour ce qui est de la reproduction machinale (inconsciente probablement) des tournures propres à la langue anglaise, la saveur littéraire s'émiette et le français n'est plus à la fête.
Ces mots, souvent inspirés des mondes marketing et journalistique, qui les utilisent à outrance, sont entrés dans nos foyers par tous les canaux médiatiques et nous les avons allègrement absorbés. Qu'on le veuille ou non, les anglicismes, on les utilise tous les jours. Autant à l'oral, ils passent, autant à l'écrit, correcteurs et éditeurs leur font la chasse.
Pire encore, certains mots existent parfois, et dans la langue de Molière et dans celle de Shakespeare, mais ils n'ont pas du tout le même sens. Je vous présente les néologismes. Par l'exemple, « réaliser » qui a le sens de « faire » en français, mais que l'on retrouve souvent au sens de « comprendre ».
Dans les dialogues, on peut occasionnellement se permettre un peu plus de fantaisie, selon la personne qui parle, l'époque et le contexte, mais ces mots empruntés, et/ou au sens déformé, restent généralement à éviter.
Si vous ne savez pas les identifier, pas de panique, votre correcteur le fera pour vous !
Le 23 janvier 2023
Les accents et les majuscules
L'Éducation nationale nous aurait-elle menti ?
Lorsque j'étais assise sur les bancs de l'école, dans les années 80 – autant dire que ça ne date pas d'hier –, le corps enseignant nous apprenait que les majuscules ne prenaient pas d'accent... Bravo pour l'infox !
J'ignore la raison pour laquelle les enfants de toute une génération – et des précédentes – ont dû enregistrer une telle ineptie. Peut-être était-il compliqué à l'époque, avec les machines à écrire, de mettre un accent, comme les ordinateurs n'existaient pas ou que leur usage ne s'était pas encore répandu. Peut-être se disaient-ils qu'il fallait faire de même lorsque l'on écrivait. Quoi qu'il en soit, l'Académie française est formelle.
Voici ce qu'elle dit : « On ne peut que déplorer que l’usage des accents sur les majuscules soit flottant. On observe dans les textes manuscrits une tendance certaine à l’omission des accents. En typographie, parfois, certains suppriment tous les accents sur les capitales sous prétexte de modernisme, en fait pour réduire les frais de composition. Il convient cependant d’observer qu’en français, l’accent a pleine valeur orthographique. Son absence ralentit la lecture, fait hésiter sur la prononciation, et peut même induire en erreur. Il en va de même pour le tréma et la cédille. On veille donc, en bonne typographie, à utiliser systématiquement les capitales accentuées, y compris la préposition À, comme le font bien sûr tous les dictionnaires, à commencer par le Dictionnaire de l’Académie française, ou les grammaires, comme Le Bon Usage de Grevisse, mais aussi l’Imprimerie nationale, la Bibliothèque de la Pléiade, etc. Quant aux textes manuscrits ou dactylographiés, il est évident que leurs auteurs, dans un souci de clarté et de correction, auraient tout intérêt à suivre également cette règle. »
Avec ça, vous conjurerez le mauvais sort qui nous a été jeté il y a plus de quarante ans !
Le 18 octobre 2025
Les cadratins
Les tirets de dialogue...Une subite envie de consulter un allergologue ?
On les appelle les tirets cadratins, mais vous vous dites peut-être que le fameux tiret du « 6 » fera l'affaire... C'est là que les problèmes commencent.
Paf ! le dialogue se met aussitôt en retrait. Non content de se décaler sur la droite sans y avoir été invité, ce fauteur de troubles modifie aussi l'interligne qui, bien sûr, ne peut être ajusté dans ce cas.
Vos multiples tentatives pour rétablir la mise en page échouent invariablement et vous en arrivez rapidement – ou non – à la conclusion du « bon, ben, tant pis, on verra plus tard ». Malheureusement, la difficulté persistera. Pire, elle s'amplifiera. Il vous faudra y passer des heures, et cela, même avec l'astuce, pour remettre tout ça d'aplomb.
Mon conseil : créez un cadratin dès le premier dialogue, puis faites un copier-coller pour les suivants. Vous gagnerez du temps et écrirez l'esprit tranquille !
À noter : les semi-cadratins sont à utiliser dans les incises.
Le 27 septembre 2025
Le saviez-vous ?
On les confond parfois, à tort ou à raison ?
Voici les définitions de l'Académie française :
Auteur : « Personne qui a composé et réalisé une œuvre littéraire, scientifique ou artistique. »
Écrivain : « Personne qui, par vocation (inclination pour une profession), par profession, compose des ouvrages de littérature ; celui ou celle dont on estime les qualités d’écriture, dont l’œuvre paraît digne de considération. »
La différence se situe au niveau de la fonction – l'auteur est le créateur – et de la reconnaissance sociale – l'écrivain exerce un métier. Ainsi, si la plupart des écrivains sont auteurs (à l'exception de ceux qui font appel à des prête-plume), tous les auteurs ne sont pas écrivains. Ce n'est pas dénigrant pour autant. Simple question de terminologie. Mais tous les écrivains s'imposent-ils par la qualité de leur plume, comme le souligne le dictionnaire ?
Le 24 mars 2026
Une petite révolution pour les lecteurs de livres numériques !
Certains e-books sont seulement disponibles à l'achat sur Amazon. Jusqu'ici, ils ne pouvaient être lus que sur une liseuse Kindle. Depuis quelques semaines, certains livres numériques sont désormais compatibles avec tous les types de supports – quand l'auteur a donné son accord. C'est notamment le cas de mon roman, "Ma jungle familiale". Aussi, vous pouvez les lire sur toutes les liseuses du marché : Kindle, Kobo, Vivlio, Tea, etc. ainsi que sur votre tablette, votre ordinateur ou votre téléphone. Fini les procédures compliquées qui ne fonctionnent pas toujours !
Le 23 mars 2026
Devenir écrivain : découvrez le conseil de Stephen King !
« Si vous n'avez pas le temps de lire, vous n'avez pas le temps (ni les outils) d'écrire. C'est aussi simple que cela. Si vous voulez être écrivain, vous devez avant tout faire deux choses : lire beaucoup et écrire beaucoup. Lire beaucoup, écrire beaucoup est un grand commandement. »
J'ai suivi le conseil de Stephen King, sans le savoir, et le constat est sans appel : mon écriture s'est améliorée au fil des années et de mes lectures. Mon style s'est dessiné et ma plume affinée. Mes vieux manuscrits qui dorment dans mes tiroirs depuis une quinzaine d'années en témoignent !
En plus de mes lectures choisies, j'ai la chance de lire toute la journée depuis cinq ans, comme je suis correctrice. Je corrige, reformule et/ou réécris, ce qui nourrit et développe mon aisance rédactionnelle, tout en enrichissant ma plume.
Certains pourraient croire que le talent suffit pour écrire des livres. Comme dans les autres domaines, les dons se travaillent pour qu'ils puissent grandir, mûrir et être exploités pleinement ! Pensez-vous, comme Stephen King, qu'il faut lire beaucoup et écrire beaucoup pour devenir écrivain ?
Le 21 mars 2026
Quels sont les cinq livres les plus vendus au monde ?
On pourrait penser que ce sont les grands succès, tels que Le Seigneur des Anneaux (7e place), Da Vinci Code (13e place), L'Alchimiste (16e place) ou encore Vingt mille lieues sous les mers (18e place), par exemple. Bien qu'ils aient été traduits en dizaines, sinon en plus d'une centaine, de langues, il n'en est rien. Les voici : La Bible (n° 1), Le Coran (n° 2), Le Petit Livre rouge, de Mao Zedong (n° 3), Don Quichotte, de Miguel de Cervantes (n° 4), Harry Potter, de J. K. Rowling (n°5).
Le 8 janvier 2026
De la ténacité pour être publié !
Le roman Du côté de chez Swann, de Marcel Proust, a failli ne jamais voir le jour. Après avoir été refusé par plusieurs éditeurs, il paraît finalement chez Grasset... à compte d'auteur ! Même les plus grands écrivains ont connu des temps difficiles et dû se battre bec et ongles pour que soit publié leur manuscrit. Marcel Proust nous donne ici un bel exemple de persévérance. J'espère que cette petite anecdote permettra aux auteurs d'aujourd'hui de se sentir moins seuls dans leur parcours du combattant et, surtout, de garder espoir...
Le 30 novembre 2025
Un arbre permet de produire 1 tonne de papier. Si 1 livre pèse en moyenne 300 grammes, 1 arbre sera nécessaire pour imprimer 200 livres, 5 arbres pour 1 000 livres, etc. 426 millions de livres ont été vendus à travers le monde en 2024. Combien d'arbres a-t-il fallu abattre ? Même s'il y a probablement une part de numérique, je préfère ne pas faire le calcul...
Le 22 novembre 2025
Quel est le titre du livre sans la lettre « e » ?
Avez-vous lu le livre sans « e », intitulé "La Disparition", de Georges Perec ?
Ce roman en lipogramme – exercice littéraire dans lequel l’auteur se donne pour contrainte de ne jamais utiliser une lettre de l’alphabet –, publié en 1969, ne comporte pas une seule fois cette voyelle, pourtant la plus utilisée dans la langue française, et ce, sur près de trois cents pages !
Un grand bravo pour la performance, mais une belle déception pour la saveur. J'ai essayé de le lire il y a plusieurs années. Malheureusement, j'ai rapidement eu le sentiment d'étouffer devant ces lettres, privées d'oxygène, qui semblaient crier à l'aide, comme si elles avaient compris que l'une d'entre elles manquait à l'appel ! Je l'ai abandonné avant le quart, bien malgré moi pourtant, car la prouesse reste spectaculaire et ne peut être que saluée.
De la même façon, en pâtisserie, lorsque l'on omet un ingrédient essentiel, le gâteau est rarement réussi, en dépit du temps passé derrière les fourneaux et de sa bonne volonté. À mes yeux, le « e » demeure donc bel et bien une lettre indispensable pour que respire et s'épanouisse la langue française.
Le 31 août 2025
Quel lecteur êtes-vous ?
Le Centre national du livre publie tous les deux ans une étude barométrique, « Les Français et la lecture », pour suivre l'évolution des pratiques et des perceptions des Français. Parmi ces données foisonnantes, on découvre les catégories de lecteurs (petits, moyens, grands).
Je corrige environ cinquante manuscrits par an. En parallèle, je lis un à deux livres par mois en lectures choisies, soit soixante-dix livres lus sur une année entière. Bon, on sait que la quantité ne fait pas la qualité, mais combien en lisez-vous annuellement, puisque c'est le sujet ?
Le 15 août 2025
Rousseau, précurseur des auto-édités ?
Que les auteurs méconnus se rassurent, les livres qui ne rencontrent pas un large public ne manquent pas pour autant de richesse, au contraire. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Rousseau ! On le sait, le succès ne fait pas nécessairement la qualité de la plume, de l'histoire ni même l'émotion. Il y a bien sûr les succès mérités, mais il y a aussi les livres passés sous silence qui gagneraient pourtant à être lus, avant même d'être connus.
Je vois passer tant de manuscrits dans mon métier, les uns, d'auteurs indépendants, les autres, soumis par des maisons d'édition, et le constat est flagrant : mes plus belles surprises se trouvent souvent dans les pages d'écrivains de l'ombre ou qui ne caracolent pas en tête de gondole.
Être auteur indépendant, c'est parfois – et de plus en plus – un choix ; le choix de la totale liberté, que ce que l'on ait à dire plaise ou déplaise au plus grand nombre. L'enjeu économique ne concerne pas l'écrivain. Il peut évidemment enfiler cette casquette pour promouvoir son livre et augmenter ses ventes – ce n'est pas un gros mot ! –, mais le romancier qui réfléchit trop aux attentes de son lectorat travestit, à mon sens, sa vérité. Cette recherche de séduction, dans le but de gagner des parts de marché, est un vocable trop commercial pour celui qui écrit avec le cœur. Ces termes, loin de l'effleurer, lui passent au-dessus lorsqu'il est en pleine inspiration et qu'il puise l'encre de ses mots au fond de ses tripes. Écrire, c'est faire parler son âme, c'est livrer sa musique intérieure. Pour que d'autres l'entendent chanter, honorons-la en nous respectant, en restant fidèle à nous-même.
Soutenons les auteurs qui nous bousculent, qui nous chamboulent, qui nous tourneboulent ! Osons les livres osés, connus ou inconnus, pourvu qu'ils nous fassent vibrer.
Le 2 août 2025
La machine à écrire n'a pas dit son dernier mot...
Après diverses inventions au cours du XVIIIe siècle, c'est l'Anglais Henri Mill qui dépose le premier brevet en 1714. La machine à écrire électrique résulte, quant à elle, de l'éclair de génie du dieu de l'électricité, j'ai nommé : Thomas Edison. En 1872. Mais il se récuse un peu plus tard. En 1874, la société Remington, jusque-là fabricant d'armes, comprend combien les mots constituent une arme redoutable et se lance dans la commercialisation à grande échelle de la machine du Danois Rasmus Malling-Hansen, mais une autre version indique que c'est celle de l'éditeur américain, Christopher Latham Sholes.
La belle traverse les décennies, sous différentes formes, se répand dans le monde du travail, entre dans les foyers. Puis, arrive un dangereux concurrent : l'ordinateur. Au bout du rouleau, la dernière fabrique de machines à écrire ferme ses portes en Inde en 2011.
Au fil des générations, elle fut parfois remisée au fond d'un grenier, puis découverte par hasard lors d'une exploration...
Je me rappelle ce doux bonheur, le cliquetis métallique, la force de la frappe qui gravait le papier et le joyeux tintement du retour de chariot qui m'a tant amusée ! Ce charme d'antan plaît sûrement tout autant aux collectionneurs de machines à écrire : les mécascriptophiles.
Le 28 septembre 2022
Citations d'écrivains célèbres et réflexions
La poésie est partout quand on sait la voir...
« La poésie est une lettre d'amour adressée au monde »
– Charlie Chaplin (1889-1977) –
Dans un rayon de soleil, un ciel bleu ou étoilé, un arc-en-ciel, un bruissement de feuilles, un chant d'oiseau, un sourire qui illumine un visage, un regard qui pétille, un éclat de rire, une main tendue, une fleur qui s'ouvre, un feu qui crépite, etc.
Dieu sait combien nous aurions besoin de poésie. En ces temps troublés, il est bon de nous rappeler notre part d'humanité et de révéler notre part de poésie.
Le 11 mars 2026
La vie foisonne sur le papier...
« Un beau livre, c'est celui qui sème des points d'interrogation »
– Jean Cocteau (1889-1963) –
Arrosons les graines semées entre les lignes, choyons les lettres qui d'espoir verdissent, cueillons les idées nouvelles, nourrissons notre esprit de ce souffle de vie venu d'ailleurs et semons à notre tour ces mots autour de nous pour que la culture se répande sur des terres fertiles ou même hostiles.
Le 4 février 2026
Du temps, de la patience et de l'exigence...
« Pour faire un bon livre, il faut un temps prodigieux
et la patience d'un saint »
– Voltaire (1694-1778) –
Il en faut, de l'écriture, de la réécriture, des corrections et des relectures, avant que son manuscrit n'arrive à maturité. Un jour, pourtant, on décide de lui lâcher la main. Il est l'heure pour lui de faire ses premiers pas vers ces mains tendues. C'est toujours difficile de se dire que l'on est parvenu à une version aboutie. En réalité, on pourrait écrire et réécrire le même manuscrit toute sa vie, puisque l'on évolue tous les jours un peu plus. Écrire un livre, ça prend du temps. C'est une certitude. Mais quel plaisir de le voir vivre dans le regard des autres et d'inverser les rôles en lisant les avis de ses lecteurs...
Le 18 janvier 2026
Un coup de hache et ça repart !
« La littérature : un coup de hache dans la mer gelée qui est nous »
— Franz Kafka (1883-1924) –
Si nous pensions qu'il suffisait de dégivrer ou de décongeler notre intérieur figé, réfrigéré, pour libérer ce qui reste emprisonné en nous, à l'abri des regards et des consciences, Kafka, lui, nous inviterait plutôt à y aller franchement… non pas avec le dos de la cuillère, mais à grands coups de hache ! Car la demi-mesure n'a pas sa place en littérature, nous dit-il. Tranchons dans le vif, puis sculptons ce bloc entier. De fait, que pourrions-nous sculpter à partir d'une simple brindille ?
Le 27 décembre 2025
La véritable originalité ne consiste-t-elle pas à être soi-même ?
« L'écrivain original n'est pas celui qui n'imite personne,
mais celui que personne ne peut imiter »
– Chateaubriand (1768-1848) –
À l'heure du copier-coller, du plagiat outrancier et de l'IA désincarnée, ne serait-il pas temps de revenir aux fondamentaux, de nourrir notre essence en réapprenant la confiance en nos capacités, desquelles peuvent émerger des mots forts d'un message insoupçonné ?
Encore faut-il l'expérimenter pour le découvrir...
Le 17 décembre 2025
Écrire avec le cœur, ChatGPT en est bien incapable...
« Écrire est un acte d'amour. S'il ne l'est pas, il n'est qu'écriture. »
– Jean Cocteau (1889-1963) –
Rangez les algorithmes, balayez les statistiques et écoutez votre musique chanter ! Lorsque les mots coulent du cœur, qu'ils font vibrer l'âme, qu'ils émerveillent l'esprit, alors ils affluent sur le papier telle une rivière enchantée, à laquelle les promeneurs littéraires aiment s'abreuver. Nourrissons-nous des livres imprégnés de ce souffle de vie.
Le 6 décembre 2025
Chacun écrit avec ses mots, enfin pas tout à fait...
« Il faut avec les mots de tout le monde écrire comme personne »
– Colette (1873-1954) –
Car tous les mots appartiennent à peu de chose près aux mêmes dictionnaires qui servent la langue française. Bien que nous ne connaissions pas les encyclopédies par cœur, pas même les correctrices – grand Dieu, un mythe s'effondre ! –, que l'étendue de nos savoirs linguistique et lexical diverge, nous avons tous notre style, notre propre musicalité, qui plaît aux uns et déplaît aux autres, mais celui-ci façonne notre plume.
Toutefois, les mots ne font pas tout. On peut toucher au cœur avec un vocabulaire simple ou ennuyer le lecteur par manque de profondeur, comme on peut ouvrir son imaginaire avec des termes élaborés ou l'assommer de prétention. Le choix des mots compte indéniablement. Néanmoins, lorsque ces derniers sont privés de rythme, de souffle, de sincérité, ils se ternissent et périssent dans le cœur du lecteur. Au contraire, quand la vie transpire à travers les lignes, qu'on pleure, qu'on rit, qu'on souffre, qu'on plonge dans le récit et qu'on devient acteur de l'histoire, c'est que la magie de l'écriture a opéré et que l'encre de cette plume, unique, a coulé dans ses veines et s'est ancrée en soi.
Le 27 octobre 2025
Le mystère de l'écriture...
« L'écriture commence où s'arrête la parole, et c'est un grand mystère que ce passage de l'indicible au dicible »
– Amélie Nothomb –
Il y a une dizaine d'années, je lisais beaucoup Amélie Nothomb. Mon préféré restera son premier, Hygiène de l'assassin, même si j'en ai aimé d'autres, notamment Barbe bleue. Dès que j'entends une interview de cette femme – assez unique, il faut le dire –, la curiosité me pique. Voici encore une belle illustration de ses théories percutantes avec cette citation ! Je crois qu'entre l'écriture et la parole, c'est un peu comme entre l'inconscient et le conscient. Et si ce passage, ce pont qui relie les deux rives, n'était autre que le subconscient...
Le 15 octobre 2025
Le livre, cet objet si vivant...
« La lumière est dans le livre. Ouvrez le livre tout grand. Laissez-le rayonner. Laissez-le faire. Qui que vous soyez qui voulez cultiver, vivifier, édifier, attendrir, apaiser, mettez des livres partout ! »
– Victor Hugo (1802-1885)
De la plume aux lecteurs, il s'invite dans notre foyer, passe entre nos mains, façonne notre paysage intérieur, résonne en notre âme. Fort de l'éclairage porté par le voyage qu'il nous offre, l'esprit n'a de cesse de s'ouvrir, de s'enrichir.
Le 15 septembre 2025
Rousseau, précurseur des auto-édités ?
« J'ai toujours senti que l'état d'auteur n'était, ne pouvait être illustre et respectable qu'autant qu'il n'était pas un métier. Pour pouvoir oser dire de grandes vérités, il ne faut pas dépendre du succès. »
– Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) –
Que les auteurs méconnus se rassurent, les livres qui ne rencontrent pas un large public ne manquent pas pour autant de richesse, au contraire. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est Rousseau ! On le sait, le succès ne fait pas nécessairement la qualité de la plume, de l'histoire ni même l'émotion. Il y a bien sûr les succès mérités, mais il y a aussi les livres passés sous silence qui gagneraient pourtant à être lus, avant même d'être connus.
Le 2 août 2025